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Cantines : circuit court ne signifie pas local
C'était une promesse de Bruno Le Maire pour développer les circuits courts. C'est désormais chose faite : le code des marchés publics est modifié, pour favoriser l'approvisionnement de la restauration collective via les circuits courts. Mais attention : il ne favorise pas explicitement les producteurs locaux. Décryptage.

Pour favoriser l’approvisionnement de la restauration collective via les circuits courts, le code des marchés publics a été modifié par un décret, le 25 août. Qu'est-ce qui change ? Littéralement, il offre aux acheteurs la possibilité toute nouvelle "de retenir, parmi les critères de choix de l'offre économiquement la plus avantageuse, les performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture".

Circuit court ne veut pas dire proximité

Cette mesure devrait donc favoriser les circuits courts et a priori rapatrier de la valeur ajoutée vers les agriculteurs, en limitant les intermédiaires.

La porte de la cantine est-elle pour autant grande ouverte aux agriculteurs locaux ? Pas totalement. Parce que circuits courts et produits locaux ne sont pas strictement synonymes.

Dans les lois actuelles*, le terme « circuits courts » désigne des formes de vente directe du producteur au consommateur ou comprenant un intermédiaire maximum. Exit toute notion de proximité, ou de distance maximale entre producteur et consommateur. Un critère de « préférence locale » ou de proximité dans les marchés publics risquerait d’ailleurs d’être contraire aux règles européennes de la commande publique.

Le décret ne vise donc pas explicitement à favoriser les producteurs locaux. Cependant, "cette mesure devrait, dans la pratique, faciliter l'accès des producteurs locaux à la commande publique", analyse Guillaume Cantillon, juriste spécialisé sur l'intégration du développement durable dans la commande publique. Tout dépendra de la façon dont seront rédigées les commandes.

Les gestionnaires pourront également, comme auparavant, passer des contrats avec des producteurs locaux pour de petites commandes, et mobiliser toutes les subtilités du code des marchés publics (voir notre article - très prochainement - dans le dossier Circuits courts : une alternative durable)

* selon la définition posée dans la loi de modernisation de l'agriculture (LMA) de juillet 2010
 

Mahaut Launay - 08/09/2011


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