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« Traiter tous les pesticides, chimiques ou verts de la même manière »

Catherine Regnault-Roger, professeur émérite de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour et membre de l'Académie d'agriculture de France, apporte son éclairage sur les systèmes économes en pesticides.

Campagnes et environnement : L'agroécologie et la loi d'avenir prônent le développement des produits de biocontrôle. Qu'en pensez-vous ?
Catherine Regnault-Roger :
Les produits de biocontrôle ne sont qu'une approche, parmi d'autres, pour mettre en œuvre une protection durable des cultures, une approche phytosanitaire qui concilie productivité et respect de l'environnement. Les efforts qui sont engagés pour les développer contribuent à augmenter le nombre de solutions disponibles pour varier les cibles et multiplier les stratégies de contrôle des bioagresseurs des cultures, c'est-à-dire ils visent à retarder les effets non intentionnels comme l'apparition de résistances dues à des traitements répétées utilisant les mêmes substances actives qu'elles soient naturelles ou de synthèse. La mise sur le marché de produits de biocontrôle, ceux qui ont une bonne dégradabilité et ne persistent pas dans la biosphère, ou ceux qui ne bouleversent les écosystèmes que de façon très temporaire (s'abstenir d'introduire des espèces invasives comme la coccinelle asiatique par exemple !) s'inscrit dans une dynamique positive d'innovation favorable à l'agriculture durable.

C&E : Les pesticides chimiques restent-ils encore nécessaires ?
C R-R :
J'aime prendre la comparaison de l'usage des antibiotiques en médecine humaine et des campagnes qui ont été faites pour qu'on les utilise mieux afin de diminuer les risques de résistance et de mieux préserver la santé publique en sauvegardant leur efficacité. Les pesticides chimiques ou de synthèse, qu'ils soient des molécules créées de toutes pièces qui n'existent pas naturellement ou bien des molécules synthétisées à l'identique de ce qui existe dans la nature, sont des outils de la santé des plantes trop précieux pour qu'on les utilise n'importe comment.
Ils sont plus que jamais nécessaires pour limiter les pullulations de ravageurs, des maladies quand les autres approches n'ont pas réussies à prévenir ou contrôler de manière satisfaisante ces bioagresseurs des plantes. L'utilisation des pesticides chimiques en dernier recours pour sauver le travail de l'agriculteur mis en péril par les ravageurs et les parasites,  est une évidence. Maintenir et développer la production agricole pour nourrir aujourd'hui 7 milliards d'hommes, et 9 milliards à l'horizon 2050, à l'aide de tous les outils et de toutes les stratégies à la disposition de la profession en est une autre. Les pesticides chimiques ont leur place dans l'arsenal dont nous disposons pour protéger les cultures. Dans l'état actuel de nos connaissances, ils ne sont pas superflus. 

C&E : L'ensemble des pesticides utilisés, quelle que soit leur origine, de synthèse ou naturelle doivent-ils être traités de la même façon?
C R-R :
Quand on parle de réduire l'utilisation les produits phytosanitaires phytopharmaceutiques, on sous-entend souvent de substituer un pesticide chimique par un pesticide biologique. Or les uns et les autres ont tous une activité sur la santé des plantes avec des conséquences sur la santé humaine et animale et sur l'environnement, positives et parfois négatives. Ce qui est important, c'est de substituer à une substance active connue pour avoir des effets néfastes pour la santé ou l'environnement, une substance active réputée mieux préserver l'environnement, les rendements et la qualité sanitaire des récoltes. Ce n'est pas l'origine qui fait le pesticide, mais son activité et la cible visée. Ce qui est important, ce n'est pas la nature du pesticide (de synthèse, d'hémisynthèse, naturel ou biologique), ce sont ses propriétés.
Il est essentiel en revanche de traiter tous les pesticides, chimiques ou verts de la même manière, en termes de sécurité  pour la santé humaine, animale et pour l'environnement. Il n'y a pas de raison de dispenser les produits de biocontrôle de la biovigilance. Il faut leur appliquer les mêmes règles qui sont mises en œuvre pour les pesticides de synthèse : des règles de veille sanitaire et de biosurveillance de la qualité des milieux mais en développant des méthodologies adaptées à leur spécificité. On ne doit pas être plus laxiste pour un produit de biocontrôle sous prétexte qu'il est bio. 
 

Pour aller plus loin
Catherine Regnault-Roger est l'auteure ou co-auteure de plusieurs ouvrages sur le sujet, parmi lesquels : "Produits de protection des plantes : Innovation et sécurité pour une agriculture durable" (Ed. Lavoisier, 2014), "Les révolutions agricoles en perspective" (Ed. GFA, 2012), "Biopesticides d'origine végétale" (Ed. Lavoisier, 2008).
Damien Raison - 16/12/2014

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joserivest - 30/01/2015
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