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Giec - Les indicateurs s’emballent
Il y a quelque chose qui ne fonctionne plus comme avant avec les brusques fluctuations de température ! Ce bon sens paysan remis au goût du jour confirme aussi bien le contenu du 4e rapport du Giec de février 2007 comme la teneur des travaux menés en mai 2007 à Bangkok (Thaïlande).

"Les phénomènes extrêmes vont se multiplier ". En février 2007, les 2500 experts du Giec, Groupe des experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat, tiraient avec force la sonnette d’alarme en donnant un aperçu assez réaliste, des effets probables de l’accélération du réchauffement climatique.

Des conséquences en cascade
La hausse de températures, plus sensible sur les pôles, engendre la fonte des glaciers et des calottes glacières, laquelle contribue à l’augmentation de la température des océans.
Le phénomène de dilatation de l’eau se traduit par une augmentation du niveau des mers : il a progressé en moyenne de 1,8 millimètre par an entre 1961 et 2003 et de 3,1 millimètres par an entre 1993 et 2003. A échéance 2100, le Giec évalue la hausse possible entre 0,18 et 0,59 mètre.
Dans le même temps, on constate davantage de pluies sur l’est de l’Amérique du Nord et du Sud, au nord de l’Europe, de l’Asie du Nord et Centrale mais moins au Sahel, en Méditerranée, au sud de l’Afrique et de l’Asie), un renforcement des vents d’ouest, des sécheresses plus sévères et plus longues, une augmentation des cyclones tropicaux et des vagues de chaleur plus fréquentes.

1. Les formes gazeuses du carbone : L’atmosphère contient 800 GtC (surtout du C02), dont 150 GtC* accumulées depuis l’ère industrielle.
2. La forêt : Les végétaux, les animaux comme la décomposition au sol de la matière organique libèrent du CO2, compensé par la photosynthèse. L’ensemble des végétaux constituent une réserve de carbone de 600 GtC.
3. La photosynthèse : En phase de croissance, les plantes absorbent du CO2. Ce qu’on appelle « puits de carbone ». Le CO2 peut aussi être fixé par les sols. Au total, la photosynthèse absorbe 1,9 GtC issu de l’activité humaine.
4. Le délavement : La pluie débarrasse l’atmosphère d’une partie de son CO2 (0,2 GtC/an). Elle entraîne aussi un peu de carbone vers les végétaux (0,4 GtC/an) et les sols (0,2 GtC/an), le tout rejoignant celui des océans.
5. Les activités humaines : Elles génèrent 7,2 GtC/an en transport, chauffage…et 1,6 GtC en déforestation. En moyenne, chaque année, l’atmosphère garde un excédent de 3,3 GtC.
6. Les échanges océaniques : forme gazeuse du CO2 en excès dans l’air se dissout dans les océans. Par photosynthèse, le plancton fixe le carbone dissout. Quant au réservoir de 90 GtC des sédiments il est inerte vis-à-vis de l’augmentation du CO2.

* GtC : milliard de tonnes de carbone
























Le Giec tire des plans pour la planète
Après cette douche froide des scénarios décrits dans le texte présenté en février 2007, le 4e rapport d’évaluation du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat s’est attaché, du 30 avril au 3 mai, à Bangkok, à dégager des propositions d’actions concrètes pour freiner les changements climatiques.
Le résumé réalisé à l’attention des décideurs se veut positif. Celui-ci souffle le chaud en insistant sur le caractère économiquement jouable d’une lutte cohérente. Les 400 délégués prônent l’attribution d’un prix pour les émissions de carbone et la mise en œuvre d’instruments de marché pour inciter réellement les états à des politiques de réduction sur l’ensemble des secteurs.
La stabilisation des émissions de CO2 à échéance 2030 se traduirait, selon les scénarios, entre une diminution de 3 % et une légère augmentation du PIB. Les pratiques limitant les émissions de GES (gaz à effet de serre) peuvent en effet s’inscrire dans un cercle vertueux. L’exemple le plus évident est celui de l’efficacité énergétique (bâtiment, transport…), conjuguée, effectivement, à la production d’énergie renouvelable. L’agriculture occupe naturellement un chapitre à part entière. « Les pratiques agricoles peuvent collectivement, pour un faible coût, apporter une contribution significative à l’augmentation des puits du sol, aux réductions des émissions de GES et aux réserves de biomasse à finalité énergétique » souligne ainsi le rapport. Il préconise « une gestion améliorée des terres de récolte et des pâturages », ainsi que la « restauration des tourbières cultivées. »

Catherine Deger ; Référence environnement - 25/05/2007


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