Trois ans après les engagements pris par le Grenelle de l'environnement, les écologistes n'y croient plus. « Les petites avancées » que le gouvernement pourrait afficher « ne doivent pas masquer l'absence criante de mesures de rupture » promises par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle.
Côté agriculture, deuxième secteur émetteur de gaz à effet de serre (21 %) en France, les discussions se sont surtout focalisées sur les consommations énergétiques avec le lancement d'un Plan de performance des exploitations agricoles. Mais aucun objectif précis ou mesure significative n'a été retenue pour réduire drastiquement les émissions de N2O (protoxyde d'azote) et de CH4 (méthane) qui représentent pourtant plus de 90 % des émissions agricoles, déplorent les écologistes. En ce qui concerne les biocarburants, les associations rappellent qu'en laissant de côté l'impact du changement d'affectation des sols indirect (conversion de jachères ou de prairies, déforestation dans les pays du Sud), les bilans des réductions des émissions dues aux biocarburants ne peuvent pas être considérés comme complets.
Principal motif de désillusion pour les ONG, la taxe carbone. Elle devait être LA mesure phare du Grenelle, mais a été abandonnée au lendemain des élections régionales. Selon Karine Gavand, responsable climat à Greenpeace, la mise en place d'une telle mesure, structurante et structurelle, « vendue par le candidat à la présidentielle comme le pilier de sa politique environnementale », aurait eu le mérite d'enclencher une réelle prise de conscience au sein de la société française. Côté transports, c'est la consternation. Premier secteur émetteur de gaz à effet de serre avec 26% des émissions nationales, les transports risquent de le rester encore longtemps avec notamment la relance d'un programme routier et autoroutier de plus de 1 000 kilomètres, d'autant qu'aucun financement pérenne des transports urbains et ferroviaires n'a été mis en place.
Enfin, si la généralisation des bâtiments neufs à basse consommation semble sur la bonne voie, les retards s'accumulent pour la rénovation thermique des bâtiments existants. Alors que la loi fixe un objectif très ambitieux (38 % de baisse de consommation du parc d'ici 2020), les outils et les moyens déployés ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Du coup, l'immense chantier tarde à se mettre en place faute de programme précis.
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