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L'eau au service de la viticulture

A Saint-Gervais en Gironde, Laurent et Christophe Mabille agissent à la fois sur la préservation de la qualité de l’eau et sur la quantité d’eau utilisée sur l’exploitation. La méthode utilisée ? Les deux frères ont mis en place une station d’épuration pour les déchets viticoles, vinicoles, mais aussi domestiques. « Notre approche novatrice et continue en matière environnementale a conduit la société Agro-Environnement à nous proposer d’acquérir un procédé pilote constitué de boues activées associées à des lits plantés de roseaux. Cette réalisation est menée en association avec l’Agence de l’eau »
Le traitement des roseaux
précise Laurent Mabille. « Notre système est équipé d’une chambre de traitement dans laquelle les effluents sont envoyés dans une cuve de grande capacité où la matière organique est dégradée par des microorganismes. » Et d’ajouter : « Le rejet est filtré sur un lit de roseaux dont les racines possèdent une grande capacité épuratrice. Ce système permet également le stockage et la minéralisation des boues ». Les effluents ainsi traités sont collectés par un système de drains et rejetés dans le milieu naturel conformément à la réglementation en vigueur.

Seulement 1,8 litre d’eau pour produire 1 litre de vin

La gestion de l’eau sur le domaine de Cantemerle passe aussi par la réduction des quantités. « Aujourd’hui, nous n’utilisons que 1,8 litre d’eau pour produire 1 litre de vin. Ainsi sur notre exploitation de 50 ha, nous ne consommons que 267 m3 par an. Le progrès est significatif, puisqu’il y a 10 ans, nous utilisions 5 litres d’eau pour produire 1 litre de vin » explique Laurent Mabille. « Cela a pu être possible grâce à l’utilisation d’un pulvérisateur à ultra-bas volume, le lavage des barriques en haute pression avec auto-vidange et vapeur, la récupération des eaux pluviales… ».

Des pistes de progrès envisageables


Pour les frères Mabille, « il serait encore possible de diminuer la quantité d’eau utilisée, notamment par la récupération des eaux traitées par la station d’épuration. Pour cela, il faudrait que la loi évolue dans le domaine de la réutilisation des eaux épurées. A ce jour, dans certains pays, des industries agroalimentaires fonctionnent légalement en réutilisant les effluents dépollués, une fois revalorisés. Les pouvoirs publics français doivent se saisir de ce sujet : la réglementation est aujourd’hui très compliquée et économiquement inapplicable. Les textes de base datant de la fin des années 80, il faudrait mettre en cohérence les possibilités de revalorisation de l’eau avec les technologies de traitement actuelles ». L’eau n’a pas fini de couler sous les ponts…
Farre - 13/03/2009


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