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L’éleveur et son véto, le premier maillon de la santé animale

Les éleveurs sont-ils assez formés sur les maladies émergentes ? « Tant que la maladie n’est pas là, et que les agriculteurs ne voient pas les dégâts économiques, il est difficile de mobiliser », reconnaît Mathilde Alexandre, directrice de la Fédération régionale des groupements de défense sanitaire (FRGDS) du Languedoc-Roussillon dont l’organisme assure les formations et la sensibilisation des acteurs agricoles sur les sujets de santé animale. Impossible aussi de former à toutes les maladies.

Il faut établir des priorités, sans savoir si elles vont vraiment arriver. « Par exemple, nous nous sommes trompés sur la FCO, poursuit Mathilde Alexandre. Nous pensions qu’elle arriverait par le sud, les éleveurs du Bassin méditerranéen étaient parés. Or, la maladie a éclaté dans le Nord et notamment dans les Ardennes, où les exploitants n’avaient pas eu de préparation et étaient désemparés. » Reste que l’important n’est pas de connaître tous les symptômes des maladies. « Il faut que les éleveurs prennent l’habitude d’appeler dès qu’un cas leur paraît anormal. Mais ce ne sont pas des vétérinaires », insiste Stefan Zientara, directeur de l’unité mixte Afssa/Inra/Enva sur les affections virales émergentes et ré-émergentes.

Faire remonter l’information rapidement
Dès qu’une suspicion clinique est décelée, le vétérinaire informe les services vétérinaires du département. Or, « la France est un des pays où les vétérinaires sont le moins présents dans les exploitations », déplore Henri Seegers, directeur de l’Unité de bioagressions, d’épidémiologie et d’analyse de risques en santé animale à l’École vétérinaire de Nantes. Les échantillons sont ensuite envoyés aux laboratoires départementaux qui, si besoin, informeront des laboratoires de référence en matière de maladies émergentes, comme ceux du Cirad et de l’Afssa. « Si l’on décèle qu’une maladie émergente prendra de l’ampleur, alors nous transférons la compétence en question aux laboratoires de proximité pour qu’ils puissent faire les analyses », poursuit Dominique Martinez. En cas de confirmation de la maladie, la DGAL applique la réglementation : isolement de l’exploitation, interdiction de mouvements, voire abattage dans le cas de maladies fortement contagieuses.

Un système qui repose finalement sur l’éleveur et son entourage proche. « Ce qui fait la force d’un réseau de surveillance, c’est le maillage de terrain et l’aptitude à faire remonter l’information rapidement, reconnaît Dominique Martinez. La rapidité de réaction est précieuse en matière de surveillance des maladies. » Une base indispensable à consolider si l’on veut parer au mieux l’expansion des maladies émergentes.
S. Ay. - 07/10/2009


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