Les adhérents du GIE Perlim produisent de la pomme “AOC Pomme du Limousin” en Corrèze, Haute-Vienne et Dordogne. Et on ne plaisante pas avec le cahier des charges. Le recyclage des déchets phytopharmaceutiques est un volet à part entière !
Perlim est le fruit du rapprochement de deux organisations de producteurs de pommes : la coopérative fruitière du Limousin (200 adhérents) et la Sica du Roseix (30 adhérents). Les 30 adhérents de Sica Meylim complètent le GIE qui couvre au total plus de 2
000 hectares.
Depuis le début de la filière française de gestion des déchets phytopharmaceutiques, Perlim est engagé dans la collecte des EVPP. “Déjà en 2000, l’élimination des EVPP figurait dans le cahier des charges de production européen EurepGap signé par le GIE, relève Jan Paauw, directeur technique du GIE Perlim.
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Jan Paauw, directeur technique du GIE Perlim.
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Aujourd’hui, plus de 95 % des producteurs sont qualifiés et participent à la collecte.” Le gisement EVPP est estimé à 5,1 t
: 54 % de bidons et 41 % d’emballages souples. Lors de la dernière campagne, 3,8 t d’EVPP ont été collectées, dont 1,2 t d’emballages souples. Cela représente un taux de collecte global de 75 % (bien supérieur à la moyenne nationale) mais on notera surtout les 57 % d’emballages souples, de loin, le meilleur résultat de toutes les régions françaises.
Exigences environnementales élevées
Pour obtenir un strict respect du cahier des charges EurepGap, Perlim a instauré des sanctions économiques : l’arboriculteur qui ne présente pas son attestation lors de l’audit interne (tous les trois ans) perd 0,1 ctÄ/kg produit. Cette pénalité financière représente environ 3 000 Ä pour un atelier moyen, et peut aller jusqu’à dix fois plus pour une grosse exploitation arboricole. “Cette sanction n’a de justification que parce que tous les moyens sont mis en œuvre pour accompagner techniquement nos producteurs”, complète Jan Paauw.
Cinq personnes conseillent en permanence les 260 arboriculteurs dans les domaines techniques, réglementaires et, notamment, la gestion de tous les types de déchets de l’exploitation. En matière de local phyto, par exemple, Perlim a choisi d’imposer un local annexe, dédié pour le stockage des EVPP.
C’est Juillac Chimie (structure conventionnée par Adivalor) qui distribue la totalité des appros gérés par Perlim, relance les producteurs et leur fournit les saches. Comme partout ailleurs, la distribution de saches a été un événement “accélérateur” des collectes.
Être vigilant et toujours anticiper
Comme d’autres organisations de producteurs, Perlim est engagée dans le “mieux traiter”, son originalité est d’envisager dès à présent le “moins traiter”. Le gisement de produits phytopharmaceutiques devrait donc logiquement baisser, mais les collectes n’en demeurent pas moins importantes et même indispensables. Il ne faut pas relâcher l’effort et, sans cesse, motiver les utilisateurs. D’autant qu’en matière de gestion des déchets, des attentes fortes pour les filets pare-grêle, les équipements de protection individuelle (EPI)… sont recensées.
Entretien avec Claudine Schost, chef du service de la protection des végétaux du Limousin.
Quel bilan dressez-vous des collectes dans le Limousin ?
Nous sommes dans une région à deux vitesses : la collecte est très efficace en arboriculture, mais il y a encore beaucoup à faire en polyculture élevage. Notre souci est donc d’informer les petits producteurs de la réglementation, en incluant les EVPP et les PPNU. Pour les EVPP, l’objectif est d’arriver à une opération “de routine” incluant le rinçage et, surtout, d’obtenir le zéro brûlage.
Et pour l’avenir ?
Depuis la conditionnalité des aides, une pression est exercée sur les producteurs, portant sur le risque économique du non-respect des obligations en matière de produits phytos. L’objectif est de communiquer le bilan des contrôles, pour permettre à toute la filière, conseil et prescription, de s’améliorer. Nous misons beaucoup sur la pédagogie, y compris en sensibilisant les étudiants des lycées agricoles. Nos maîtres mots resteront “progressivité, pragmatisme et pédagogie”.