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La FAO plaide pour une agriculture intelligente vis-à-vis de l'énergie

« Le système alimentaire mondial doit réduire sa dépendance à l'égard des combustibles fossiles pour réussir à nourrir une population mondiale croissante », souligne un rapport de la FAO, publié à l'occasion de la conférence de l'ONU sur le climat qui se déroule actuellement à Durban.

« Il est à craindre à juste titre que la dépendance actuelle du secteur de l'alimentation à l'égard des combustibles fossiles puisse limiter sa capacité à répondre aux besoins alimentaires mondiaux. Le défi consiste à découpler les prix alimentaires et les fluctuations à la hausse des prix des combustibles fossiles », estime le rapport. Les prix élevés et fluctuants des hydrocarbures fossiles et les doutes quant à leur disponibilité future montrent, selon la FAO, que les systèmes agroalimentaires devraient passer à un modèle « intelligent » de consommation d'énergie.

La chaîne de l'alimentation (production, transformation, transport, commercialisation, consommation) représente, en termes d'énergie, environ 30 % de la consommation de l'énergie mondiale et produit plus de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Agir tout au long de la chaîne de production

Les mesures qui peuvent être prises au niveau des exploitations incluent l'utilisation de moteurs plus économes en carburant, l'utilisation du compost et des engrais de précision, la gestion de l'irrigation et la distribution ciblée de l'eau, l'adoption de pratiques agricoles sans labour et l'utilisation de variétés végétales et animales moins dépendantes des intrants.
Une fois que les denrées alimentaires ont été récoltées, l'amélioration du transport et des infrastructures, une meilleure isolation des installations de stockage, la réduction des emballages et du gaspillage alimentaire et des appareils de cuisson plus efficaces offrent la possibilité de réduire encore davantage la consommation d'énergie dans le secteur alimentaire.

M. D. - 08/12/2011


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Réagissez à cet article (2 commentaires)
Tunis, le 8 Décembre 2011
Il est curieux d’entendre aujourd’hui la FAO parler de «réduction de la dépendance du système alimentaire mondial des combustibles fossiles», «découpler les prix alimentaires et les fluctuations à la hausse des prix des combustibles»… par des mesures qui peuvent être prises au niveau des exploitations … ; et je me demande comment les experts qui avancent de pareilles idées alors que la notion même d’exploitation et de chef d’exploitation – dans la pratique – a disparu dans nos pays en voie de développement…. En Tunisie que la FAO classe parmi les pays agricoles les plus performants en Afrique ou au MO, par ex., le nombre d’exploitations qui ont été éclatées de 326.000 en 1961/62 à 516.000 en 2004/2005 pour aboutir à une part de 390.000 (75%) qui ont moins de 10 ha qu’ils soient dans le Nord humide ou dans le Sud aride, c’est-à-dire présentant des potentialités médiocres à très faibles. Autant de «mouchoirs de poches» qu’on ne peut qualifier d’exploitations… utilisent des tracteurs en location et des pratiques agricoles avec une médiocrité manifeste de la qualité du travail…, qui n'utilisent que rarement l’engrais de précision. La gestion de l'irrigation, la distribution de l'eau, l'utilisation de variétés végétales et animales peu dépendantes des intrants… ne sont pas toujours maîtrisables par cette strate «d’agriculteurs» si on peut les appeler comme cela. Donc, comment la FAO pense pouvoir «agir tout au long de la chaîne de production» comme elle cherche à le prôner ou à le conseiller, et de quelle agriculture intelligente parle –t- elle! Si on veut réduire les 30% de la consommation de l'énergie mondiale et de la production des 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre…, la priorité pour la FAO c’est de ne pas recommander ou concevoir de solutions inapplicables ou irréalistes, de chercher à dénoncer les véritables problèmes et à s’exercer à trouver des solutions pertinentes ! Est-ce trop de lui demander son vrai rôle! Et, merci pour leurs bonnes réactions !
Malek Ben Salah
Ingénieur général d’agronomie
E-mail: malek.bensalah@planet.tn
Malek Ben Salah - 08/12/2011
Je suis d'accord avec mon collègue tunisien. Les politiques agricoles des pays, et surtout des pays du sud tant à refranctionner les terres au détriment de l'économie d'échelles. En effet, sans avoir des structures gigantesques, aujourd'hui nous pouvons raisonnablement cultiver sur 150ha dans les pays du nord par unité de travail (80ha et 50 vaches laitières) en cas d'élevage,sans être trop mécaniser et en gérant bien son outil de travail. Au sud,la mécanisation doit être progressive, l'adaptation des techniques culturales permetre des gains de rendements, la formation agronomique permettant aux acteurs locaux de s'approprier les techniques plus performantes comme l'agriculture de précision ou la gestion fine de l'irrigation. Mais pour cela, il faut aussi donner le moyen des équipements et surtout avoir des strcutures qui puissent amortir rapidement ces équipements et là on se heurte aux petits programmes des ONG (quelques ha villageois) ou aux grands programmes des multinationales des pays du nord ou des pays de l'Asie qui manquent de surfaces (Chine, Inde, Corée du Sud, Indonésie) et qui investissent des blocs de 20 à 50 000 ha. Donnons la possibilité aux entrepreneurs locaux de faire des investissements intermédiaires (entre 500 et 5000 ha) qui fournissent du travail à la population locale qui sera progressivement formée, des structures de stockage, des matériels de travail du sol, de récolte etc et aussi du matériel de transformation qui puisse maintenir un emploi local pérenne et surtout en procurer aux femmes, permettant ainsi le financement des études de leurs enfants. Par contre les aider à gérer de façon durable ces surfaces en redéfinissant le concept d'agroforesterie en utilisant des ressources énergétiques issues de la biomasse qui est plus importante dans ces pays que dans nos pays et alors là nous pourrons rediscuter des préconissations de la FAO.

Richard DAMBRINE
Ingénieur Agronome, Consultant
Expert Environnement et Protection des Plantes près la Cour d'Appel de Douai

le 09/12/2011
RIC6102 - 09/12/2011

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