Faire passer le grand oral à François Bayrou, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon, Hervé Morin, Dominique de Villepin et François Hollande, autour d'une seule et commune question : « Quelles mesures de l'appel des 3000 êtes-vous prêt à reprendre, avec quel calendrier et quels moyens ? »... France Nature Environnement a fait coup double. En replaçant les questions de l'environnement et son « appel des 3 000 » au cœur de la campagne électorale, au moins pour un temps ; et en assurant une remarquable couverture médiatique à un congrès qui a rassemblé plus de mille représentants des 3 000 associations composant la fédération, le 28 janvier, à Montreuil (93).
 |
|
|
FNE a rassemblé la multitude d'actions en région dans un contrat environnemental, que la fédération entend populariser largement dans les mois à venir. Il s'articule autour de trois chantiers prioritaires, exposés par Bruno Genty, président de FNE : « une agriculture proche de nous, au service d'une alimentation de qualité » ; « stopper le gaspillage naturel et créer des emplois » et « sortir de la précarité énergétique », ce troisième thème ayant occupé une place prépondérante lors du congrès. Les autres sujets, agriculture et biodiversité n'étaient cependant pas occultés. Plusieurs idées ont tissé un fil conducteur entre les trois table-rondes de la journée : la crise environnementale ne peut être séparée de la crise économiques ; les réponses à l'une peuvent être la solution de l'autre ; il n'y a pas de réponses simples à des questions complexes qui méritent toutes de s'inscrire dans un dialogue de fond. Le Grenelle de l'environnement a été salué par tous comme une étape majeure de ce dialogue. Même si ses grandes orientations peinent à se traduire de manière concrète sur le terrain.
15 minutes pour convaincre
Les sept candidats à la présidentielle avaient chacun 15 minutes pour se positionner. Peu de différenciation sur l'évaluation des enjeux liés à la crise environnementale, sur la nécessité de mobiliser des outils fiscaux et légaux comme levier du changement, visant à stimuler des programmes de recherche ou d'économie d'énergie ou encore sur l'intérêt d'une gouvernance mondiale de l'environnement. Les clivages se sont fait plus sensibles sur la protection à accorder aux porteurs d'alerte (défendus par les candidats de gauche), l'interdiction ou un moratoire sur les OGM, ou encore l'application du principe pollueur-payeur.
Propos de candidats
François Bayrou, Mouvement démocrate - « Ma priorité, faire de la survie des abeilles un objectif politique."
Eva Joly, Europe Ecologie-Les Verts - « Je propose un plan de sorite des pesticides en une génération ; que les trames vertes et bleues soient opposables ; que la France lève son opposition à la directive cadre européenne sur les sols. »
Corinne Lepage, Cap 21 - « Les trafics d'influence sont l'un des cancers de notre société. Il faut organiser l'expertise contradictoire, protéger les lanceurs d'alerte et encadrer les lobbys.»
Jean-Luc Mélenchon, Front de Gauche - « Il faut introduire un cycle long de planification écologique, partant de la demande, à l'inverse du cycle court de la finance. »
Hervé Morin, Nouveau Centre - « Privilégier le temps long à la dictature de l'urgence, dans le cadre d'une Europe fédérale, qui prennent à ses frontières des mesures pour protéger les normes sociales et environnementales.»
Dominique de Villepin, République Solidaire - « Les leviers de l'action et du changement passer par une fiscalité écologique nationale et si possible européenne, pour financer les changements de l'industrie, de l'agriculture, de l'habitat."
François Hollande, Parti Socialiste - « Mes trois priorités pour l'agriculture sont la proximité, la qualité et la diversité. Je suis pour une grande réforme de la Pac, afin que les critères agro-environnementaux soient ceux pris en compte dans les aides aux agriculteurs. Je m'engage tenir une conférence environnementale, avec un agenda, des priorités, des objectifs, des moyens et des indicateurs."
|