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Le monde au chevet des objectifs du millénaire

Quelque 140 chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'ONU se sont réunis à New York, du 20 au 22 septembre, pour faire le point sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) établis en 2000. Il s’agit, d’ici 2015, de réduire la pauvreté de moitié dans le monde, de permettre un meilleur accès à l'éducation primaire, d’enrayer la mortalité infantile, d’améliorer la santé maternelle, de lutter contre le sida, le paludisme ou encore la tuberculose, de promouvoir l'égalité des sexes, de préserver l'environnement et de mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Mais, dix ans après, le bilan reste plus que mitigé. D’autant que, en raison de la crise économique surtout, l’aide au développement des pays riches a fondu comme neige au soleil. L’aide pour le développement (APD) des pays de l’OCDE, qui était fixé en 2000 par l’ONU à 0,7% du revenu national brut de ces pays, n’a guère dépassé les 0,3% en 2009. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a évalué à plus de 100 milliards de dollars les financements nécessaires pour atteindre les objectifs fixés en 2000. Pour trouver de nouveaux financements, Nicolas Sarkozy a relancé l’idée d'une taxe sur les transactions financières et s'est engagé à la défendre lors de sa présidence du G20, qui débutera en novembre, puis du G8, à partir de janvier 2011.

"La perte de biodiversité continuera jusqu'à la fin du siècle"
L'objectif visant « à assurer un environnement durable » est particulièrement en retard, tous ses indicateurs étant dans le rouge. A commencer par la poursuite de la perte de la biodiversité malgré des efforts de conservation. « Si les tendances actuelles se confirment, la perte de biodiversité continuera jusqu'à la fin du siècle », alors que « des milliards de personnes en dépendent directement pour leurs modes de subsistance, voire leur survie », rappelle un rapport de l’ONU.17.000 espèces végétales et animales à la base de différents écosystèmes restent ainsi menacées d'extinction et leur nombre augmente chaque jour, surtout dans les pays en développement. Seuls 12 % de la superficie terrestre de la planète et près de 1 % de la superficie marine sont protégés à l'heure actuelle. Par ailleurs, si la déforestation a ralenti depuis 2000 au niveau mondial, notamment grâce aux programmes de boisements en Asie, elle se poursuit à un taux élevé en Afrique et en Amérique du Sud. Au cours de la dernière décennie, 13 millions d'hectares de forêt ont disparu chaque année. Du coup, la déforestation, à l'origine de 18 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre, aggrave le réchauffement climatique. L'ONU souligne d'ailleurs que les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 35% en 2007 par rapport 1990.

Finalement, le sommet de l’ONU sur les objectifs du millénaire s'est achevé après trois jours de débats sur une note pessimiste avec beaucoup de promesses mais des questions restées sans réponse, en particulier sur les financements qui se raréfient avec la crise. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pu faire une seule annonce concrète : en matière de santé des femmes et des enfants, les deux objectifs du millénaire les plus en retard parmi les huit, un programme de 40 milliards de dollars apportés par des gouvernements, des philanthropes et des groupes du secteur privé.
M.D. - 24/09/2010
crédit photo : Helder Almeida - Fotolia.com


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LE DRAME DE L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT



Ils ne comprendront donc jamais que le drame de l'aide au développement n'est pas dû à un problème de ressource financière, mais à la façon dont cette ressource est employée!

Ils ne retiendront donc jamais les leçons de la crise financière dans laquelle nous sommes plongés due au fait que nous entendons faire de l'argent avec de l'argent!

Voilà que notre Président de la République veut prélever une taxe sur chaque échange financier!

Mais Monsieur le Président pour qu'il y ait des échanges financiers il faut qu'il y ait de la création monétaire, la première étape de cette création étant la production de céréales, de lait, de pommes de terre de nourriture quoi! à la sueur de notre front.
Or non seulement vous refusez d'assurer le développement des pays pauvres en ne respectant pas cette première étape indispensable de l'atteinte de l'autosuffisance alimentaire, mais vous vous employez à ce que notre agriculture soit démantelée comme elle l'est dans tous les pays du monde! Qui va donc produire des pommes de terre entre autres, pour générer des échanges financiers?
Voilà que Philippe Douste-Blazy, le conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pour la question de l’aide au développement, déclare sans rire : « Sans les financements innovants, si nous conservons le statu quo, nous ne pourrons atteindre les objectifs du millénaire pour le développement en 2015»
Quels seraient ces «financements innovants» ? Ils peuvent inclure des taxes sur les billets d'avion, le tourisme, l'Internet, la téléphonie mobile et les transactions financières, et sans doute un loto proposé il y a peu par d’autres inconséquents !

On croit rêver et pendant ce temps :
« En Afrique les projets de Lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations ! ».

C’est une femme admirable qui le dit. Une Sénégalaise qui depuis Saint-Louis œuvre inlassablement pour aider les femmes de la vallée du fleuve Sénégal à faire renaître l’agriculture de la région. Les hommes eux sont, contre l’avis des femmes et au péril de leur vie, partis en Europe pour essayer de gagner quelque argent…

« L’AIDE FATALE : Les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique ».

C’est Dambisa MOYO, une autre Africaine qui a écrit ce livre, elle sait de quoi elle parle pour avoir travaillé à la Banque Mondiale…

« Ne pas avoir peur de dire aux Africains qu’on veut les aider, mais qu’on veut aussi que cela nous rapporte…/… ».

C’est un homme qui le dit, un Français, le Secrétaire d’État à la coopération, le même qui ajoutera un peu plus tard qu’il faut créer un loto pour financer l’aide publique au développement ! ».

« Ce sont les entreprises –et non les ONG- qui doivent prendre toute leur place dans l’aide au développement ! ».

C’est un autre homme qui le dit le 29 juin 2010, Dov ZERAH nouveau directeur de l’AFD qui confirme ainsi que l’on veut bien aider mais qu’il faut que ça nous rapporte !

Tout a donc été dit et sur le constat d’échec de l’aide et sur le peu de chances qu’il y a dans sortir si l’on continue à refuser les leçons qui auraient dues être tirées de ce constat.

Jacques DIOUF le Directeur Général de la FAO n’arrête de le clamer haut et fort : « Nous ne sortirons de la famine qu’en aidant ces pays à assurer en priorité leur autosuffisance alimentaire ». Or au lieu de le faire en commençant par le développement de leur secteur primaire, ce qui permettrait aux populations de vivre dignement dans leurs meubles, nous recherchons des marchés permettant d’assurer notre précieuse et sacro–sainte croissance.
Nous recherchons au travers de l’immigration prétendument choisie une main d’œuvre pour des taches que nous ne voulons plus accomplir.

Au lieu d’aider ces pays à assurer leur développement en commençant par atteindre leur autosuffisance alimentaire, non seulement nous les incitons, en dissimulant au besoin le tout derrière le commerce dit équitable, à faire de l’agriculture industrielle en prétendant, imbécillité suprême, qu’ils dégageront les devises nécessaires à l’achat chez nous de leur nourriture ; mais nous leur faisons comprendre en prime que notre aide à leur développement doit avant toute chose nous rapporter.

Au lieu d’aller écouter et soutenir Jacques DIOUF et la FAO au sommet de ROME sur la faim, nos chefs d’État irresponsables et inconséquents, ont préféré se livrer aux pitreries de COPENHAGUE, dont il ne pouvait rien sortir s’agissant de la recherche de solutions à un faux problème.

Nous avons pendant deux décennies tenté de mettre en place des outils de développement, de financement notamment, qui ont fait la preuve de leur inefficacité et accentué pauvreté et famine dans les pays que nous entendions aider.

Ce furent les funestes « ajustements structurels » imposés par la Banque Mondiale qui, pour simplifier, consistaient à pousser les pays à une indépendance et autonomie financière.
Il fallait pour cela se procurer des devises, ce qui était fait par des cultures industrielles exportées alors que le niveau prioritaire d’autosuffisance alimentaire n’avait pas été atteint.
Le résultat fut qu’il était impossible d’importer les ressources alimentaires de base en raison de la faiblesse des devises obtenues dans le cadre d’une organisation mondiale du commerce qui assassine les plus faibles.

La Banque Mondiale dans cette phase avait rejeté violemment le modèle d’organisation coopérative du secteur agricole, et notamment la toute première étape de ce modèle remise à l’honneur par Muhammad YUNUS : la microfinance.

La Banque Mondiale et les organismes de distribution de l’aide publique au développement affligés du syndrome du thermostat, qui fait qu’en matière de pensée nous agissions comme avec cet appareil dont nous ne connaissons que les positions extrêmes, revenait brutalement dans une deuxième phase à Muhammad YUNUS à sa Grameen Bank et à la microfinance sans imaginer que cette toute première étape d’un modèle millénaire devrait bien vite être dépassée.

Les Pionniers de Rochdale en 1843, les producteurs de fourches de micocoulier dans le Gard en 1661, les créateurs de fruitières et autres tontines se référaient à des traditions ancestrales que l’on trouvait déjà chez les agriculteurs de Babylone, pourquoi l’outil mis en place dans nos agricultures il y a plus de cent ans ne serait il pas le modèle incontournable à développer chez ceux qui attendent que nous les fassions bénéficier de notre expérience ?
Ce n’est pas parce que le merveilleux outil de la coopération est dépassé ou n’a plus lieu d’être chez nous que nous devons en rejeter l’utilisation dans les agricultures émergentes, ou en rester à ses toutes premières étapes comme nous nous obstinons à le faire avec la microfinance.
C’est cet outil qui dépassant très vite la toute première étape de la microfinance a permis, il y a plus d’un siècle, à nos agricultures de connaître le développement que l’on sait alors qu’elles étaient dans la situation de celles que nous prétendons aider.

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
CONFUCIUS
Philosophe, historien et homme d’Etat chinois
« Yah ça m’a mordu, Back to the trees ! », retour aux arbres ! rugit oncle Vania notre lointain ancêtre face à l’apport trop brutal du feu qu’Édouard était allé chercher bien loin (Roy Lewis : « Pourquoi j'ai mangé mon père »).
Apprends–nous plutôt à pêcher ! Sans nous renvoyer dans les arbres.

À BERGERAC le 22septembre 2010
Jean-Pierre Canot
Auteur de « Apprends-nous plutôt à pêcher »
apprends-nous.plutot.a.pecher@canot.info


jeanpierrecanot - 26/09/2010

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