Le programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) recommande, dans un rapport publié le 16 octobre, de « réajuster les objectifs » de production des biocarburants « à des niveaux qui puissent être atteints de manière durable », tout en se refusant à toute prise de position tranchée sur ce sujet polémique. « Le débat quant à savoir si les biocarburants sont une bonne chose ou une mauvaise n'a pas de sens », selon Achim Steiner, directeur du PNUE. Environ 8 à 34% des terres cultivables seraient nécessaires, avec les technologies actuelles de première génération, pour fournir 10% de la demande de carburants dans les transports, relève le rapport.
Production et GES
Mais le rapport souligne que la contribution des biocarburants à la lutte contre l'effet de serre dépend largement de la façon dont ceux-ci sont produits. L'éthanol produit à partir du sucre de canne au Brésil, et utilisant en partie des déchets fibreux, appelés bagasse, est considéré « comme ayant un effet positif sur le climat ». L'éthanol issu du traitement du maïs peut être 60% plus économe en gaz à effet de serre que l'essence, ou 5% plus producteur de ces mêmes gaz, en fonction de l'efficacité des méthodes de production. De même le biodiesel produit à partir de l'huile de palme peut faire économiser 80% de gaz à effet de serre comparé à l'essence. Mais le même procédé peut multiplier par 8 les émissions de gaz à effet de serre, toujours comparé à l'essence, s'il a fallu détruire une forêt tropicale pour produire cette huile de palme, et par 20 s'il a fallu sacrifier une tourbière.
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