Trop longtemps, toutes les attentions se sont focalisées sur la plante. Dans la logique d’un accroissement de la production, d’une quête de rentabilité, le sol a été relégué au rang de support. Travaillé selon un même rite d’années en années, labour profond, travail superficiel, il en ressort de toute façon rarement indemne.
Pourtant sans sol, pas d’agriculture. Tant de performances peuvent être obtenues avec ces trente premiers centimètres de terre. En augmentant le taux de matière organique, les organismes vivants du sol jouent alors pleinement leur rôle. Fissures, décomposition et minéralisation de l’humus : ces travailleurs s’activent. La couche arable se stabilise, retient mieux l’eau, les éléments minéraux. L’érosion est contenue. Et les plantes s’en portent mieux.
La vie du sol s’inscrit dans une logique globale d’agriculture durable. Cet enjeu gagne du terrain. Le non-labour se développe. Aujourd’hui, la moitié des surfaces recevant une culture d’hiver, blé ou colza, seraient conduites en semis simplifié (sans labour mais avec déchaumage) soit plus de 4 millions d’hectares.
Gérer son exploitation selon les principes de l’agriculture de conservation devient un bon moyen d’associer l’écologie et l’agronomie. À condition d’être très technique. Semis direct ou simplifié, couverture permanente des sols, rotation des cultures constituent les trois socles de ce raisonnement. Cette approche s’inscrit dans une logique d’agriculture de pointe mais aussi de préservation de l’environnement.