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Le travail du sol simplifié

Depuis une dizaine d’années, Jean-Marc Thullier, agriculteur à Gouy-Servins (Pas-de-Calais), engagé dans l’agriculture raisonnée, pratique les Techniques culturales simplifiées (TCS). « En 1995, j’ai commencé à utiliser des TCS (semis sans labour) pour les semis de blé sur bief (argiles à silex), pour les généraliser en 1997 sur tout type de terre. Pour une parcelle de 11 ha semée en conditions difficiles (pluie) est survenu un problème de battance. En 1998-99, généralisant les TCS aux semis de blé et de colza, j’ai dû faire face à l’apparition des limaces sur bief (1998-99). En 2001-02, j’ai rencontré des phénomènes de résistances au Brome. Les échecs successifs et les problèmes rencontrés m’ont incité à utiliser progressivement de nouvelles techniques afin de pouvoir généraliser les TCS sur les autres cultures, en particulier sur les pommes de terre et les betteraves (un tiers de la surface en TCS en 2005). »

Jean-Marc Thullier cultive 141 hectares avec un assolement basé sur la betterave et la pomme de terre. Ses 31 îlots sont dispersés sur 3 communes et ont des superficies variant de 30 ares à 22 hectares avec 2 types de terre : des limons argileux et des biefs.

 

Parallèlement, Jean-Marc Thullier a modifié les outils utilisés et a adapté la gestion de sa fertilisation. « J’ai abandonné les outils à dents au profit des outils à disques. Ce choix m’a permis d’obtenir une terre plus fine et d’augmenter le débit de chantier. Ainsi, plus flexible, je peux intervenir sous de bonnes conditions climatiques. Soucieux de maîtriser le coût des intrants et d’augmenter la décomposition de la matière organique en favorisant le développement de la biodiversité des sols, j’ai choisi d’épandre du compost (issu du co-compostage de la communauté urbaine de Lille et des effluents d’élevages porcins), des vinasses (sur colza et betteraves) et des écumes (co-produit de la production sucrière). Ces amendements apportent des éléments fertilisants (N, P, K) et de la matière organique enrichissant le sol. Ainsi, j’estime avoir augmenté le taux de matière organique des parcelles de 0,2 à 0,4 points ». 

Les avantages de ce système d’exploitation sont nombreux : meilleure qualité de travail du sol permettant la biodiversité et la vie microbienne du sol, meilleure évolution des résidus de récolte, augmentation de la CEC (capacité d’échange en cations), meilleure portance des terres, forte diminution de la battance, économie de fuel, augmentation des réserves en eau (phénomène important puisque sur l’exploitation, l’irrigation est impossible du fait de l’altitude et du morcellement des parcelles)…

Farre - 03/07/2007


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