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Les oiseaux, indicateurs de biodiversité
Grâce à un diagnostic de biodiversité réalisé sur leur exploitation, plus de 150 agriculteurs agricoles ont mis en place avec l’aide de la Ligue de protection des oiseaux des pratiques qui respectent les habitats.

Depuis fin 2004, environ 150 exploitations réparties dans 15 départements(1) participent à un programme expérimental de “reconquête de la biodiversité en milieu agricole” mené par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) en partenariat avec la Fnab (agriculture biologique), la FNCivam (agriculture durable) et Farre (agriculture raisonnée). Première étape: un diagnostic de biodiversité effectué par des experts (ornithologues et botanistes) sur l’exploitation. Ces derniers proposent ensuite un certain nombre de mesures pour améliorer la biodiversité, qui sont regroupées sous la forme d’un plan de gestion et servent de trame de discussion avec l’agriculteur : pas question en effet d’imposer des pratiques incompatibles avec l’activité économique de l’exploitant.
« Nous nous rendons compte que souvent, les pratiques néfastes des agriculteurs ne sont dues qu’à un manque d’information, par exemple la date de fauche des bandes enherbées », développe Sophie Raspail, chargée d’études agriculture et biodiversité à la LPO.


Certaines préconisations sont spécifiques aux enjeux de biodiversité rencontrés sur l’exploitation, d’autres sont d’ordre plus général. “Nous conseillons d’implanter des haies pour recréer des corridors biologiques et abriter la faune, notamment les oiseaux, mais aussi de mettre des bandes enherbées à côté pour qu’ils y trouvent de quoi se nourrir et se réfugier. Nous demandons de conserver dans les haies certaines espèces : par exemple, la pie-grièche écorcheur a besoin de buissons épineux (prunellier, aubépine…) pour empaler ses proies. Nous invitons également les agriculteurs à ne pas faucher leurs bandes enherbées en période de reproduction, c’est-à-dire de fin avril à fin août, et de laisser par exemple à cette même période au moins 1,5 à 2 m de bandes enherbées non fauchées le long des cours d’eau car les larves de libellules remontent le long de la berge pour se développer. Nous nous rendons compte que souvent, les pratiques néfastes des agriculteurs ne sont dues qu’à un manque d’information, par exemple la date de fauche des bandes enherbées”, développe Sophie Raspail, chargée d’études agriculture et biodiversité à la LPO. Cette dernière se réjouit par ailleurs de la motivation des acteurs engagés dans la démarche : “les 150 agriculteurs volontaires sont déjà impliqués dans des stratégies respectueuses de l’environnement. Ils sont demandeurs pour approfondir leurs connaissances sur la biodiversité et réduire l’impact de leur activité”.
(1) Mayenne, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Vendée, Charente-Maritime, Vienne, Gironde, Indre-et-Loire, Marne, Aube, Allier, Puy-de-Dôme, Vaucluse, Aveyron, Aude.



Marie Lafortune, Référence Environnement - 07/09/2006


Des points communs, facteurs de réussite

  • Dialogue entre les différents partis impliqués dans le maintien et la restauration des habitats naturels.
  • Combinaison des expertises entre agriculteurs, écologistes, chasseurs.
  • Une même solution répond à des motivations diverses. Un aménagement pour favoriser le gibier peut par exemple aussi limiter les risques d’érosion et embellir le paysage. Les bandes enherbées attirent les insectes, bénéfiques aux oiseaux mais aussi à la culture (auxiliaires).
  • Formation des agriculteurs à la biodiversité et au fonctionnement des écosystèmes, à travers notamment un diagnostic de l’exploitation. Certaines pratiques néfastes sont dues à un manque de connaissances et non à des contraintes économiques.
  • Valorisation du métier d’agriculteur.



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Réagissez à cet article (1 commentaire)
Je suis content de l'article. Je suis aussi entrain de faire une étude d'écologie comportementale d'un oiseau en vue de le proposer comme indicateur biologique de la perturbation de l'environnement péri urbain. Je me base sur son succès de reproduction, fidélité au site et son régime alimentaire dans les sites perturbés et non perturbés.

A cequi concerne votre article, c'est très bon mais, il faudra peut être insister sur l'intérêt de protèger les oiseaux pour les agriculteurs par rapport à leur économie. Est ceque ces oiseaux reduissent leur production? Pourquoi protèger la biodiversité ( avifaune en particulière)?
Tutu Roba - 14/11/2011

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