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Loiret : des actions à la ville comme à la campagne
Pour protéger les captages qui alimentent en eau potable plus de 130 000 Orléanais, la ville d'Orléans, la Chambre d’agriculture du Loiret et la Lyonnaise des eaux se sont associés en signant une convention. Après 10 ans de lutte contre les pollutions accidentelles, les trois partenaires visent maintenant de nouveaux sujets, avec en toile de fond, des outils issus du Grenelle.

« Cette année est une année charnière », explique Séverine Carniello, du pôle environnement-hygiène de la ville d’Orléans. La 2e convention signée entre la ville, la Chambre d’agriculture du Loiret et la Lyonnaise des eaux pour la protection des trois forages du Val a pris fin. Les trois partenaires veulent en signer une troisième et s’attaquer à de nouveaux sujets : en premier lieu, la gestion des volumes d'eau et la lutte contre les pollutions diffuses.

Trois captages situés en zone agricole périurbaine alimentent en eau la ville d’Orléans. Ici, le forage du Theuriet est protégé par une construction. Ses abords immédiats ont été acquis par la ville d’Orléans qui a choisi de planter des coquelicots. (Crédits : Mairie d'Orléans)
Et ce, malgré un délicat empilement réglementaire : le Grenelle de l’environnement a classé ces trois captages comme « prioritaires », imposant l'échéance de 2012 pour la mise en place d'un plan de d’action. Et le Sage (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux) Val Dhuy-Loiret devrait se décliner sur le terrain dès mars 2011.

Des efforts sur les pollutions ponctuelles
Jusqu’à maintenant, la priorité était la lutte contre les pollutions accidentelles, dites ponctuelles. C'est seulement en 2002 qu'est signée une première convention entre les trois organisations, renouvelée en 2006. Des efforts ont porté sur les aires de remplissage de pulvérisateurs et la collecte des déchets (emballages vides et produits phytosanitaires non utilisables) est désormais organisée chaque année. Avec la déclaration d’utilité publique (DUP) des trois captages, en 2006, des travaux ont été rendus obligatoires : réhabilitation de forages pour mieux isoler les eaux souterraines de la surface, protection des cuves de stockage d’engrais liquides ou d’hydrocarbures…

Aujourd’hui, la qualité de l’eau souterraine captée s’est stabilisée. Celle des eaux de surfaces pose encore problème.


Pollutions ponctuelles ou diffuses  : de quoi on parle ?

Les pollutions accidentelles  d'origine agricole, dites ponctuelles sont liées à des problèmes ponctuels de manipulation des produits de traitements ou du matériel (débordement de la cuve du pulvérisateur lors du remplissage, abandon de déchets...)

Les pollutions diffuses d'origine agricole sont dues à l'entrainement par l'eau de pluie d'une partie des produits de traitement des cultures à travers le sol vers les eaux souterraines. Les sources de pollution sont donc réparties sur tout le territoire.
Demain, viser les pollutions diffuses

Lutter contre les pollutions diffuses sera l'un des objectifs de la prochaine convention. Un travail sur les pratiques agricoles a été amorcé au cours de ces 10 années de collaboration. « Une trentaine d’agriculteurs se sont engagés à respecter une charte de bonnes pratiques agricoles », précise Séverine Carniello. La Chambre d’agriculture a accompagné les agriculteurs vers des pratiques plus raisonnées.

Les partenaires en sont conscients : demain, « la 3e convention, la procédure des captages prioritaires Grenelle et le Sage devront former un puzzle cohérent », explique Séverine Carniello. Un effort de pédagogie sera nécessaire auprès des agriculteurs.
Autre difficulté : « jusqu’ici, les travaux étaient ponctuels, financés à 100 % et représentaient souvent un plus pour la sécurité, note Mélanie Hovan, conseillère eau-environnement à la Chambre. Demain, il faudra motiver les agriculteurs à faire évoluer leurs pratiques, pour un impact sur le long terme. Mais j’espère qu’avec les études liées aux "captages Grenelle", nous pourrons sonder, sur le terrain, ce que les gens ont envie de faire en termes de gestion raisonnée de l’eau d’irrigation », poursuit-elle. Il s'agit du deuxième grand axe de la future convention.


Associer de plus en plus de collectivités

La troisième convention va également s’ouvrir aux collectivités locales, qui pourraient signer des conventions avec Orléans pour réduire les pesticides dans les espaces verts.

Autre levier, poursuivre l’acquisition foncière : la ville d’Orléans a déjà acquis 32 hectares sur d’anciennes exploitations. L’une d’entre elles sera louée dès 2011 à une association d’insertion, Solembio, pour développer le maraîchage biologique en circuit court. Dans une seconde ferme, la conduite de cultures énergétiques ou l’agroforesterie pourraient être expérimentées.
Alors, mise sous cloche des terres qui entourent les captages ? Si la ville s’en défend, la campagne semble s’en méfier.




Une collaboration tripartite

« Chacun a apporté ses compétences et a trouvé sa place », concluent de concert la Chambre d’agriculture, la ville d’Orléans et la Lyonnaise des eaux. Cette collaboration originale entre un représentant du monde agricole, un maître d’ouvrage et son délégataire a permis, en dix ans, de mieux se comprendre. Un cas qui fait école, puisqu’il fait partie des dix démarches partenariales « exemplaires » présentées dans un guide, édité par les chambres d’agriculture et la Fédération des entreprises de l’eau, à l’usage des acteurs impliqués dans la protection de l’eau potable.





Mahaut Launay - 02/02/2011
crédit photo : Mairie d'Orléans

Une eau potable moins polluée

Dans les années 1990, l’eau des captages du Val était ponctuellement polluée par des pesticides : diuron, atrazine, glyphosate et dérivés.

Depuis 2006, ils ne sont plus détectés. Les nitrates ne dépassent pas les 25 mg/l, sous le seuil réglementaire de 50 mg/l. « Cette évolution ne peut pas uniquement être attribuée à nos actions. L’interdiction de certains produits par exemple, a aussi joué », observe Séverine Carniello.

Dans les cours d’eau, les nitrates restent présents, à des taux inférieurs à 50 mg/l, et les pesticides suivis depuis dix ans sont en diminution. Mais on détecte encore des désherbants comme le glyphosate.



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