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Produire de l'électricité à partir du lisier et du fumier : tel est l'objectif de la ferme Clottes à Nojals (Dordogne) qui vient d'investir dans une unité de méthanisation. Et c'est tout bénéfice pour l'exploitation comme pour l'environnement.
Bertrand Guérin a réfléchi en famille et travaillé pendant huit ans avant d'aboutir cette année à la construction d'une unité de méthanisation sur son exploitation de Nojals, en Dordgone. « Depuis longtemps, nous pensons que notre fumier et notre lisier représentent beaucoup plus qu'un déchet coûteux à éliminer », affirme-t-il devant le « digesteur » qu'il présente fièrement.
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Bertrand Guérin (à droite) et son frère Patrice devant le « digesteur » (G.P.)
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Il s'agit d'une cuve fermée dans laquelle il met des matières organiques. En fermentant, elles produisent du biogaz, mélange de méthane et de CO2.
Ce biogaz sert de carburant à un moteur à explosion relié par des conduits à la cuve, lui-même couplé à une génératrice qui produit de l'électricité vendue à EDF. Ce procédé est aussi appelé « cogénération ».
Des déchets valorisés
Les matières organiques sont constituées de fumier et lisier de l'exploitation mais aussi des déchets d'une usine de conserves de légumes et d'une fromagerie voisines avec lesquelles il a passé un accord d'approvisionnement. ces deux entreprises sont satisfaites de trouver ainsi une solution pour éliminer leurs déchets.
Aujourd'hui, l'unité de méthanisation est prête à fonctionner. L'investissement est important, 1 250 000 €, mais Bertrand Guérin a bénéficié d'aides techniques et financières.
Il reconnaît toutefois qu'il s'agit d'un véritable parcours du combattant pour monter les dossiers et obtenir les multiples autorisations nécessaires.
Des bénéfices variés
En produisant de l'électricité, l'unité de méthanisation assure une source de financement complémentaire et pérenne à une exploitation dont le revenu stagne et est soumis aux aléas économiques et climatiques. La chaleur produite par le moteur est récupérée pour chauffer le digesteur qui a besoin d'une température minimum pour que la fermentation se déclenche. Le surplus de chaleur devant, à terme, être utilisé pour chauffer la maison, voire sécher le foin et améliorer sa qualité nutritive.
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En plein fonctionnement, cette installation doit produire 2 millions de KWh, soit la consommation moyenne de 500 à 1 000 foyers. (G. P.)
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Bertrand Guérin a aussi revu tout son système d'exploitation. Sur ses 95 ha, avec 80 vaches laitières produisant 650 000 litres de lait. Il ne produit plus que de l'herbe et de la luzerne pour alimenter son troupeau et a abandonné la production de maïs, coûteuse en engrais minéraux, en eau et en main d'œuvre.
Les champs sont fertilisés par le « digestat », engrais organique de très haute valeur issu de la fermentation de la matière organique et récupéré sans le digesteur. Aucun engrais n'est acheté à l'extérieur.
Et, cerise sur le gâteau pour l'environnement, le système permet de réduire les émissions des gaz à effet de serre de 1 600 tonnes équivalent CO2.
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