« Nous n'attendons pas d'avoir la confirmation des risques encourus par la profession agricole quant à son exposition aux pesticides pour avancer dans le domaine de la prévention d'une part, et dans celui de la prise en charge d'autre part », a tenu à souligner le professeur Patrick Choutet, président de l'Inma (Institut national de médecine agricole) et médecin national de la MSA (Mutualité sociale agricole), lors du symposium « Cancer et travail en agriculture » organisé à Tours le 16 septembre par l'Inma.
Le lien entre certains cancers et l'exposition aux pesticides est évoqué, mais encore difficile à analyser de manière chiffrée. De nombreuses études de par le monde y travaillent. En France, l'étude Agrican (AGRiculture et CANcer), lancée en 2005 auprès d'une cohorte de 180 000 agriculteurs et salariés agricoles, en activité ou à la retraite, a pris du retard : les résultats concernant la survenue de cancers, l'incidence, ainsi que l'analyse ciblée relative à la relation entre les cancers et l'exposition aux pesticides ne sont pas attendus avant un an.
Une réglementation plus protectrice
Le professeur Gérard Lasfargues, directeur général adjoint scientifique de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail), compte quant à lui sur les évolutions réglementaires pour réduire les risques de cancer au travail en milieu agricole.
Notamment, sur le principe de substitution des produits chimiques prévu par le nouveau règlement (CE) n° 1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques. « Ce règlement prévoit en effet un examen régulier par les Etats membres des produits contenant des substances présentant un risque élevé pour la santé humaine ou l'environnement en vue de les remplacer par des produits contenant des substances actives moins dangereuses ou par des méthodes non-chimiques de prévention ou de lutte », explique-t-il.
En outre, il voit d'un bon oeil l'obligation pour les utilisateurs de pesticides de tenir un registre de leurs recours aux produits. Instauré par ce nouveau règlement, il sera d'une grande utilité pour la prévention et la réparation des maladies professionnelles liées à l'exposition aux pesticides, ainsi que pour les études épidémiologiques explorant les relations entre ces expositions et des pathologies comme les cancers ou les troubles de reproduction, explique-t-il.
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