Parce que la vigne est une culture pérenne, que le raisin est directement transformé en produit consommé par le citoyen, la filière viticole a pris rapidement conscience de l’importance de l’agriculture raisonnée.
La préservation du terroir et de la vigne constitue un des enjeux majeurs de l’agriculture raisonnée. La sensibilisation du monde viticole avec le raisonnement des pratiques date des années quatre-vingt-dix, lorsque le gouvernement a rendu obligatoire le traitement des effluents de cave. Parallèlement, les exploitants commençaient à rencontrer des problèmes de résistance à certains fongicides, ainsi que des demandes des marchés exports d’absence de résidus phytosanitaires dans les vins. L’OILB (Organisation internationale de la lutte biologique) a alors édité un cadre national de bonnes pratiques, de type label. Mais les organismes viticoles l’ont peu appliqué sur le terrain, à l’exception de l’association alsacienne Typhlo.
Limiter la consommation en eau
Néanmoins, ce cahier des charges a servi de base à de nombreuses démarches régionales et à l’Institut technique de la vigne, l’ITV, pour l’édition en 2000 du référentiel national sur la production intégrée de raisins. La démarche s’est ensuite prolongée en 2001 sur les pratiques œnologiques qui englobent le rejet des effluents ou encore la limitation de la consommation en eau. Du fait de la régionalisation de la filière viticole, ces lignes nationales ont été transcrites dans des cahiers des charges régionaux. “Aujourd’hui, il y a au moins un référentiel par région”, explique Joël Rochard, expert environnement à l’ITV des démarches complémentaires. Comment le référentiel agriculture raisonnée s’insère-t-il alors dans ces démarches ? “Il approfondit leur formalisation. Il a également permis de disposer d’un cadre juridique, tout en restant un cahier des charges global pour l’exploitation. Avec les approches qui s’appuient sur les travaux de ITV, nous allons plus loin dans le volet technique pour coller aux exigences de la filière. Il y a une complémentarité”. Complémentarité totale dans le cadre de l’initiative Terra Vitis où l’exploitant doit y associer la qualification agriculture raisonnée. Un groupe issu de l’OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin), coordonné par Joël Rochard, travaille actuellement sur un cadre international à la viticulture durable.
Stéphanie Ayrault, Référence environnement