L'agriculture et la sylviculture ont un rôle important à jouer dans la réduction des gaz à effets de serre. Notamment, grâce à l'affectation de parcelles agricoles à de nouveaux usages visant à stocker du carbone.
"Le végétal capte le gaz carbonique atmosphérique via la photosynthèse et la transforme en matière organique, explique Dominique Arrouays, directeur de l’unité Infosol à l’Inra d’Orléans.
Lorsque cette matière organique dépérit, le carbone est stocké dans le sol pendant une durée qui est liée à la vitesse de minéralisation du sol par les micro-organismes". Et certaines pratiques permettent justement de limiter cette vitesse de minéralisation : la conversion de terres cultivées en prairies et en terres boisées, l’utilisation de couverts végétaux en interculture, la disposition de bandes enherbées inter-rangs dans les vignes et vergers.
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Les bandes enherbées sont aussi des "puits de carbone".
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La règle principale étant d’éviter d’avoir des sols nus. Outre la limitation de l’érosion par la couverture du sol et la création d’un milieu favorable à la vie microbienne, ces pratiques permettent la fixation et la capture d’un maximum de dioxyde de carbone CO
2, le piégeage et le stockage des reliquats azotés ainsi que la production de matière organique. Toutefois, Dominique Arrouays tempère :
"cette méthode de stockage devient inefficace lorsque le puits de carbone a atteint la saturation aussi bien en surface qu’en durée. On évalue le potentiel de stockage du carbone des sols agricoles entre 1 et 3 Mt C / an pendant vingt ans soit seulement environ 1% des émissions de CO2. De plus, le déstockage du carbone est deux fois plus rapide que son stockage. C’est pourquoi, il est parfois préférable de conserver les stocks existants plutôt que de vouloir en créer ailleurs, afin de ne pas bouleverser l'équilibre naturel".